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13 janvier 2008
Réponse à Attali :" l'immigration ne peut relancer la croissance..!".
Le Figaro 11/01/2008 |
Par Gérard Lafay, professeur à l'université Paris-II.
Pour rechercher les freins à la croissance française, Nicolas Sarkozy a eu la mauvaise idée de confier la présidence d'une commission d'experts à Jacques Attali. Celui-ci avait déjà eu l'occasion d'exercer ses méfaits pendant les deux septennats de François Mitterrand, dont il était l'un des conseillers les plus écoutés. Il n'est donc pas étonnant qu'il ait proposé une solution qui va à l'encontre du bon sens le plus élémentaire.
Chacun sait en effet que l'économie française est affectée par l'insuffisance de la force de travail, qui entrave nos capacités de croissance et handicape nos régimes de retraite. L'origine de ce défaut se trouve d'abord, chez nous, dans d'absurdes mesures de limitation du travail, tant par le rétrécissement de la période d'activité (retraite à 60 ans) que par le raccourcissement de la durée hebdomadaire (35 heures), deux mesures phares des socialistes. En outre, la baisse excessive du taux de fécondité depuis plus de trente ans a eu comme conséquence une implosion démographique dont les effets catastrophiques commencent à se faire sentir sur tout le continent européen, encore davantage chez nos partenaires qu'en France.
Pour résoudre ces problèmes angoissants, les seules solutions raisonnables sont celles qui s'attaquent aux racines du mal. D'un côté, il faut remettre en cause toutes les mesures limitatives qui, aujourd'hui, ne peuvent plus être considérées comme des «acquis sociaux» ; les premières dispositions prises par le gouvernement pour favoriser le travail vont donc dans le bon sens, à condition d'offrir aux salariés de légitimes contreparties. De l'autre côté, il faut mener une politique démographique globale de long terme, en liant la nature même des régimes de retraite à la constitution du capital humain ; même si la situation est encore plus catastrophique chez la plupart de nos voisins d'Europe que dans notre pays, la France reste en dessous du seuil de renouvellement des générations, correspondant à un taux de fécondité de 2,1 enfants par femme en âge de procréer.
La politique d'une immigration sélective, préconisée par le rapport Attali, est au contraire l'exemple type d'une fausse solution. C'est une formule à courte vue, bien qu'elle ait déjà été préconisée antérieurement par des hommes de droite, apparemment intelligents, comme Alain Juppé. Même si l'économie française souffre de besoins en travailleurs compétents dans certains domaines, c'est d'abord une erreur qui découle d'une vision étroitement économiste. L'immigration actuelle a déjà un coût réel qui est difficilement supportable pour la France, que mon collègue Jacques Bichot a estimé à 24 milliards d'euros par an. Il faudra y ajouter le coût de l'intégration inéluctable des immigrés déjà présents sur le territoire national, pour un montant que j'ai moi-même estimé à 12 milliards d'euros par an*.
À cette erreur du point de vue français s'en ajoute une autre, qui est encore plus grave sur le plan mondial. Si nous en venions à accueillir chez nous les travailleurs les plus qualifiés, cela signifierait en même temps que nous priverions les pays d'émigration de ces compétences. ../…Si les plus qualifiés de leurs nationaux, formés chez nous, renonçaient à revenir au pays d'origine, a fortiori si leurs cadres partaient en France et en Europe, chacun de ces pays continuerait à s'appauvrir, entraînant une immigration de masse qu'aucun barrage n'arriverait plus à endiguer.
Jacques Attali a déjà exercé ses ravages pendant les septennats mitterrandiens. Que le président Sarkozy n'écoute surtout pas cette incarnation du socialisme le plus funeste !
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Commentaires
Et comme de bien entendu, Jacques Attali et sa commission d'experts ont probablemnt reçu beaucoup d'argent pour leurs idées fumeuses.
Il est dommage que, avec sont salaire accru, notre président ne puisse pas réfléchir par lui même.
Ecrit par : BOGOMIR | 13 janvier 2008


