« "La politique suivie actuellement en matière d'immigration conduit droit à la catastrophe..." | Page d'accueil | L'usine textile DMC de Mulhouse, nouvelle victime de la mondialisation..... »
30 avril 2008
La religion des droits de l'homme....
Nicolas Sarkozy dans le piège des droits de l’homme…
Nicolas Sarkozy, en compagnie de son épouse Carla, a poursuivi mardi sa visite de 48 heures à Tunis (voir Présent d’hier). Accompagnaient également le chef de l’Etat sept ministres, une centaine de patrons du MEDEF et une cohorte « d’invités », parmi lesquels : la gaucho-féministe Daniela Lumbroso, Frédéric Mitterrand, le grand rabbin Sitruk et Serge Moati, calomniateur patenté et multirécidiviste de la droite nationale que nos lecteurs connaissent depuis longtemps. Mardi, le président de la République française s’est fait remettre les clefs de la ville de Tunis, avec à ses côtés Bertrand Delanoë, « né en Tunisie ». Il faut avouer que le maire de Paris complétait assez harmonieusement l’entourage du président de la République. Il renforçait en quelque sorte son unité de ton…
Chaleureusement accueilli par le président Ben Ali, Nicolas Sarkozy a, claironne son service de presse, « paraphé plusieurs contrats ». Pour un montant d’au moins « 1,36 milliard d’euros ». Toujours selon les mêmes sources, le VRP Sarko aurait vendu aux Tunisiens treize Airbus « plus trois en option » et une centrale électrique thermique. Le gouvernement français a sans doute raison de faire du forcing sur ce terrain mercantile, car depuis quelques années les échanges commerciaux avec la Tunisie ont considérablement chuté. Celle-ci, comme les autres pays maghrébins, commerçant de plus en plus avec les pays émergeants (la Chine en particulier), et les pays arabes. A force de livrer aux Etats pétroliers des usines « clés en main » ceux-ci se mettent évidemment à nous concurrencer. En commençant par les nations voisines.
Ces contrats arrachés par Nicolas Sarkozy ont évidemment une contrepartie. En l’occurrence : un octroi supplémentaire de visas dans le cadre de « l’immigration choisie ». Une sorte de troc : on vous achète vos avions et votre nucléaire civil et en échange vous accueillez nos immigrés. Un marché de dupes, en quelque sorte.
Tout irait bien pour le VRP multicartes Sarkozy – sinon pour la France et les Français – s’il n’y avait le lancinant problème des droits de l’homme. Il est vrai que le président Ben Ali dirige son pays avec une certaine fermeté. Mais peut-on lui reprocher d’avoir combattu les terroristes islamistes d’une main de fer ? Et avec succès, même si aujourd’hui, en Tunisie comme dans tous les pays musulmans, le voile gagne du terrain. Certes, il y a beaucoup de corruption. Comme dans toutes les nations mahométanes. Ni plus, ni moins.
Les médias ont prévenu le chef de l’Etat : « Il est attendu sur le chapitre des droits de l’homme. » Des droits de l’homme qui fonctionnent de plus en plus comme un piège dans lequel Nicolas Sarkozy s’est lui-même enfermé. D’abord en proclamant durant sa campagne présidentielle qu’il voulait les placer « au centre de sa diplomatie ». Et ensuite, une fois élu, en nommant une grande prêtresse de cette religion progressiste et frelatée : Rama Yade, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes, chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’homme. Cette dernière fait d’ailleurs partie de la suite présidentielle. Le président de la République a essayé lundi de sortir de ce piège infernal en rendant hommage au président Ben Ali : « Aujourd’hui, l’espace des libertés progresse en Tunisie. Ce sont des signaux encourageants. » Mais insuffisants pour les dévots de la religion droitdel’hommesque. Ceux-ci, et en premier lieu l’opposition tunisienne, entendent saisir l’occasion pour rappeler à Nicolas Sarkozy ses promesses de campagne et au besoin appeler Rama Yade à leur rescousse.
Après la grotesque palinodie tibeto-chinoise, va-t-on avoir droit, avec la Tunisie, au même burlesque et extravagant ballet de désaveux et de rétractations ?
La dévotion, vraie ou simulée, de Nicolas Sarkozy pour la religion maçonnique des droits de l’homme, nous aura au moins démontré une chose : l’impossibilité, pour un Etat, de construire une diplomatie à partir de considérations purement sentimentales. Surtout quand ce sentimentalisme subversif et bavard tourne à la bigoterie hystérique…
JEAN COCHET
Lu sur : http://www.present.fr/09:13 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
