25 mars 2008
Un gendarme qui aurait mieux fait de la boucler....
Gifle d’Avesnes sur Helpe : au-delà de l’anecdote…
Par Olivier Carer
http://fr.altermedia.info/general/gifle-davesnes-sur-help...
L’instance en justice diligentée contre un professeur qui avait donné un soufflet à un garnement est venue redonner une actualité nouvelle à l’affaire dite de la « gifle d’Avesnes Sur Helpes », affaire emblématique parce qu’elle révèle le naufrage moral du pays.
Un professeur de technologie qui gifle une apprentie racaille qui le traite en plein cours de
« connard » doit-il être considéré comme un criminel ?
Le père du garnement, gendarme de son état, semble le penser puisqu’il a porté plainte au pénal contre l’enseignant pour cet acte. Avec un zèle tout particulier, le système gendarmique et judiciaire a immédiatement suivi ce raisonnement et imposé au professeur une garde à vue, volontairement humiliante, de 24 heures.
Autrefois, le fils de gendarme n’aurait bénéficié d’aucune complaisance, ni de l’activisme compatissant des pouvoir publics ni de la complicité éplorée de son père pour son insubordination, son insolence et le caractère injurieux de son comportement. Il aurait écopé d’une punition paternelle supplémentaire, tout le monde aurait trouvé cet épilogue normal et moral.
Or en l’espèce, le corps de la gendarmerie qui s’est fendu d’une solidarité corporatiste malvenue et la magistrature qui professe depuis des années la culture de l’excuse pour les délinquants, ont joué de concert pour accabler le professeur et victimiser l’insultant collégien. A l’appui de cette chasse à l’homme, un canonnage médiatique est venu sur toutes les chaînes de radio et de télévision criminaliser l’enseignant, sans la moindre retenue, en le présentant unilatéralement comme un alcoolique, un danger pour la société, un quasi psychopathe.
Cette affaire qui relève tout au plus d’une faute ou même simplement d’une erreur professionnelle d’un professeur excédé, amène à se poser une question. Qu’apprend-on dans les écoles de gendarmerie pour penser que l’utilisation de l’autorité par un représentant des institutions constitue automatiquement une « violence volontaire » sans même chercher à placer les faits dans leur contexte. François Fillon qui a eu le courage de s’élever contre le lynchage médiatique et les persécutions judiciaires dont l’enseignant a été la victime, aurait dû user de son ministère -et pas simplement de celui de la parole- pour muter ce gendarme en zone sensible. Dans le royaume des racailles, le pleurnichard en képi aurait pu à loisir méditer sur l’impunité des délinquants en culotte courte et sur l’exercice de l’autorité. Nul doute que grâce à son vocabulaire familial adapté et ses précoces prédispositions, sa chère petite tête blonde y aurait facilement trouvé des camarades de jeu.
Dire non à un enfant, c’est un acte d’amour. Apprendre aux enfants le respect de l’autorité, ce n’est pas simplement un apprentissage normal de la vie en société, c’est une exigence sociale. Les Français qui malgré le matraquage bien pensant gardent leur bon sens, ne s’y trompent pas. En 2002, la gifle médiatique que F. Bayrou avait administrée à un garnement qui tentait de lui faire les poches, lui avait valu une embellie dans les sondages. Dans ce pays où le pourrissement des valeurs est entretenu par les représentants d’un Etat émasculé et moralement déliquescent, il serait utile de se remémorer les pensées des Anciens:
« Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants…Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles…Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter. Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus rien au dessus d’eux, l’autorité de rien ni de personne…. Alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse le début de la tyrannie ou de l’anarchie » (Platon)
